Optimiser la formation grâce aux feedbacks terrains : méthode et outils

Merwan Maroc
25 mars 2025
10 minutes
La roue de Deming adaptée au Lean Learning

Concevoir une formation efficace ne repose pas uniquement sur une expertise pédagogique ou un bon découpage des contenus. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à coller au plus près des réalités vécues sur le terrain. Pourtant, dans de nombreuses entreprises, les contenus sont souvent élaborés en amont, sans lien direct avec les pratiques, les contraintes et les besoins quotidiens des apprenants.

Les retours terrains — qu’ils soient exprimés, mesurés ou observés — sont une ressource stratégique trop souvent sous-exploitée. Ils permettent non seulement de valider l’utilité réelle d’un module, mais aussi d’ajuster sa forme, son ton et ses objectifs pour mieux répondre aux attentes du public cible.

Dans un contexte où les métiers évoluent vite et où l’efficacité de la formation se mesure en actions concrètes, ces feedbacks deviennent une matière première indispensable. Le mobile learning, notamment via des plateformes comme SPARTED, offre aujourd’hui des moyens simples et rapides de collecter ces données et d’optimiser en continu les parcours proposés.

Cet article explore en trois temps pourquoi les retours terrains doivent être intégrés au cœur de toute stratégie de conception pédagogique, comment les exploiter concrètement, et pourquoi le digital en est un puissant catalyseur.

Le terrain, première source de vérité pédagogique

La qualité d’un dispositif de formation ne se juge pas uniquement à sa structure ou à sa cohérence interne. Elle se mesure surtout à sa capacité à répondre à des situations concrètes. Pour cela, il est essentiel d’ancrer la conception pédagogique dans la réalité opérationnelle des collaborateurs. Et cette réalité, c’est le terrain qui l’exprime le mieux.

Pourquoi partir du réel ?

Les formations trop abstraites, déconnectées des besoins du quotidien, génèrent frustration et désengagement. À l’inverse, celles qui s’appuient sur les enjeux réels rencontrés par les apprenants gagnent en pertinence, en impact, et en légitimité. Le terrain permet ainsi d’identifier :

  • les situations à fort enjeu métier,
  • les compétences réellement sollicitées,
  • les points de blocage récurrents,
  • les écarts entre les procédures théoriques et les pratiques réelles.

Typologie des retours terrains

Tous les feedbacks ne se ressemblent pas, mais chacun apporte une information précieuse pour affiner les contenus. Voici une typologie utile :

Type de retour Canal de collecte Exemples
Quantitatif Analytics, taux de complétion Taux de réussite à un quiz, temps passé
Qualitatif explicite Commentaires libres, enquêtes Suggestions, remarques ouvertes
Qualitatif implicite Comportements d’usage Modules non ouverts, séquences zappées
Verbatim terrain Entretiens, feedbacks informels - « Ce module ne reflète pas tout à fait notre réalité sur le terrain » , « Le process a évolué depuis » , « Ce serait utile d’intégrer notre outil métier »

Transformer le vécu en matière pédagogique

Ces retours peuvent paraître hétérogènes, mais ils sont un excellent point de départ pour formuler des objectifs pédagogiques concrets et pertinents. En croisant plusieurs sources, on peut isoler des thématiques mal comprises, repérer des zones d’incompréhension, ou encore détecter des besoins émergents qui ne sont pas encore formalisés.

En somme, le terrain n’est pas un simple lieu d’application de la formation : il en devient le point de départ stratégique.

Transformer les retours terrains en leviers d’optimisation pédagogique

Recueillir des retours du terrain ne suffit pas. Toute la valeur pédagogique naît au moment où ces retours sont analysés, interprétés, puis traduits en actions concrètes sur les contenus de formation. Ce processus itératif constitue le socle d’une conception pédagogique réellement agile et centrée utilisateur.

De la collecte à l’action : une boucle d’amélioration continue

Les retours terrains doivent être intégrés dans un cycle de vie dynamique du contenu pédagogique. Cette logique peut s’inspirer de l’approche Lean appliquée à la formation, où chaque feedback devient une opportunité d’ajustement :

  1. Recueil : collecte structurée ou spontanée de données (verbatim, analytics, quiz, etc.)
  2. Analyse : identification de motifs, points de friction ou signaux faibles
  3. Ajustement : adaptation des modules, ajout de microcontenus, changement de format
  4. Test terrain : nouvelle diffusion et évaluation en conditions réelles
  5. Nouveaux retours : boucle relancée

✳ Ce cycle, lorsqu’il est bien organisé, permet de maintenir la pertinence du contenu pédagogique dans la durée, sans repartir de zéro à chaque fois.

Ce schéma illustre le cycle d'amélioration continue appliqué à la conception pédagogique, directement inspiré des principes du Lean Learning. Il montre comment chaque phase – de la planification à l'ajustement des contenus – repose sur une base essentielle : les retours terrains. Ces feedbacks, qu’ils soient qualitatifs ou quantitatifs, chauds ou froids, garantissent la pertinence des contenus et leur alignement avec les réalités du terrain. En structurant la formation autour de cette boucle vertueuse, les équipes L&D peuvent concevoir des modules plus efficaces, plus engageants, et plus adaptés aux besoins évolutifs des collaborateurs.

Une pédagogie agile, orientée résultats

Adopter une démarche basée sur les retours terrains transforme profondément la manière de concevoir la formation. On passe d’un modèle figé à une approche vivante, évolutive, où chaque module peut être ajusté en fonction de son efficacité réelle. Cette agilité pédagogique permet de rester en phase avec les attentes et les usages des apprenants, sans avoir à repartir de zéro à chaque mise à jour.

Elle évite notamment deux écueils fréquents : d’un côté, l’inertie des contenus inchangés pendant des mois malgré des signaux d’obsolescence ; de l’autre, la tentation d’investir massivement dans des modules très complets, mais inadaptés aux réalités du terrain. En intégrant les feedbacks dès les premières phases de conception et tout au long du cycle de vie de la formation, on développe une culture de l’amélioration continue, orientée vers l’impact.

Ce changement de posture permet à l’équipe formation de ne plus penser ses parcours « pour » les collaborateurs, dans une logique descendante, mais bien « avec » eux, dans une dynamique d’écoute et d’ajustement constant.

Le digital et le mobile learning comme catalyseurs de cette dynamique

Le digital, un levier pour capter et centraliser les retours

Le principal avantage des outils digitaux réside dans leur capacité à collecter des données en continu, directement intégrées dans l’expérience de formation. Chaque action de l’apprenant devient une source potentielle d’information : progression dans un module, résultats aux quiz, commentaires, NPS, fréquence de connexion… Ces éléments, lorsqu’ils sont bien organisés et interprétés, permettent de dresser une cartographie fine de l’efficacité des contenus.

Contrairement aux enquêtes ou entretiens post-formation, ces retours sont disponibles en temps réel et offrent une granularité bien plus fine. On peut ainsi repérer rapidement :

  • les modules qui génèrent de l’engagement ou, au contraire, du décrochage ;
  • les sujets sur lesquels les apprenants réussissent ou échouent massivement ;
  • les points d’amélioration mentionnés directement dans les commentaires libres.

Le mobile learning, un canal naturel pour des feedbacks à chaud

Le mobile learning apporte une dimension supplémentaire : celle du contexte. En rendant la formation accessible partout et à tout moment, il permet aux collaborateurs de réagir à chaud, immédiatement après une mise en pratique, un apprentissage ou une difficulté rencontrée sur le terrain. Ces retours sont souvent plus sincères, plus précis et plus exploitables.

L’ergonomie mobile favorise également la rapidité de réponse : un quiz de satisfaction ou une question ouverte post-module, intégrée directement dans le flux d’apprentissage, obtient des taux de réponse bien plus élevés que les dispositifs classiques. En cela, le mobile learning alimente une boucle de feedback bien plus dynamique et riche.

Exploiter les données pour piloter la qualité pédagogique

Les plateformes comme SPARTED intègrent aujourd’hui des systèmes d’analytics puissants qui facilitent la transformation des retours terrains en décisions concrètes. Cela permet aux responsables formation de mettre en place des ajustements ciblés, sans attendre un audit ou une refonte globale.

Par exemple :

  • un taux d’échec élevé à un quiz peut déclencher une révision immédiate du module concerné ;
  • un faible taux de complétion peut signaler un problème de format ou de pertinence ;
  • des commentaires récurrents sur un contenu peuvent inciter à le réécrire ou à le compléter.

Ces signaux, combinés dans un tableau de bord, offrent une vision claire de ce qui mérite d’être conservé, adapté ou supprimé.

En rendant ce pilotage pédagogique plus précis et plus réactif, le digital transforme la formation en un écosystème vivant, piloté par les besoins réels du terrain.

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